Mars 2017

« Fou comme un lièvre de mars » ! Il s’agit bien sûr d’une allusion au personnage de Lewis Carroll dans « Alice au pays des merveilles », qui, tout le monde en conviendra, était en effet complètement zinzin ! En réalité, en ce moment, il n’y a pas que les lièvres qui sont zinzins. Écoutez un peu les oiseaux, regardez votre chat faire des manières… quel ramdam ! Pas étonnant : tout ce petit monde est amoureux et comme ils sont tous beaucoup plus futés que la plupart des humains, ils n’ont pas besoin de s’inscrire sur Meetic ! Ils chantent, miaulent, chahutent et ça marche ! Le jour du printemps, tout le monde est casé et a construit son abri, son nid, son terrier.

Bien plus sérieusement, nous allons commencer ce mois de mars avec une soirée philo consacrée au pardon. Comment, en effet, ignorer ou expliquer cette permanente injonction au pardon, à la réconciliation qui irrigue aujourd’hui tous les champs de notre société ? Vous l’avez peut être constaté, il y a, semble-t-il, une tendance au pardon universel, quoi qu’aient fait les gens. Il faudrait tout oublier, tourner la page et pardonner. N’y aurait-il pas là une sorte de dérive ? Les individus qui ont commis les pires actes ne devraient-ils donc plus reconnaître leur responsabilité et leurs victimes devraient-elles alors simplement vivre avec leurs drames ? Comment oublier ce qu’on a vécu, comment refouler la haine éprouvée envers son bourreau, comment intégrer ça ? Il paraît que pardonner c’est se réparer, c’est rompre le lien de haine ou de ressentiment. Mais est-ce donc aussi facile que ça ? N’a –t-on pas tout d’abord besoin d’être reconnu comme victime, Et cette reconnaissance peut elle être le seul « dédommagement » ? Et puis enfin, que diable, n’y a-t-il pas des actes résolument impardonnables ? Les crimes contre l’Humanité, l’inceste, la maltraitance infantile et j’en passe… ? Autant de questions auxquelles nous allons tenter de trouver des réponses. Cela, bien évidemment grâce à notre cher ami philosophe Pierre Plumerey avec qui nous avions abordé le thème de la culpabilité allemande en avril dernier.

« La Journée Internationale des Femmes » a lieu chaque année le 8 mars. En cette journée particulière, nous avons décidé de consacrer ce moment aux femmes de l’ombre, à ces Résistantes connues ou moins connues, jeunes ou moins jeunes. Germaine Tillion, Berty Albrecht ou encore Sophie Scholl sont naturellement celles dont nous avons au moins entendu parler mais impossible de passer sous silence toutes les autres, toutes ces femmes d’exception, qui se sont lancées dans le combat à corps perdu alors qu’en France elles n’avaient toujours pas le Droit de vote ! De Gaulle a remédié à ça  vers la fin du conflit mais n’était-ce pas là la moindre des choses ?

Le 8 mars est donc « Journée des Femmes ». Non pas parce que ce jour là elles vont devoir se coller au grand nettoyage de printemps mais moins prosaïquement parce que cette date a été officialisée  par les Nations Unies en 1977 comme « Journée Internationale des Femmes ». La date trouve son origine dans les luttes des ouvrières et des suffragettes au début du XXème siècle. Une légende voudrait que l’origine du 8 mars remonte à une manifestation d’ouvrières du textile aux USA en 1857. Mais renseignements pris auprès des différentes sources grappillées sur « Wikivoussavez », il semble que tout ceci ne soit qu’un « fake » comme on dit maintenant en bon français ! En réalité, ce ne serait qu’à partir de 1917, après une grande grève des ouvrières de Saint Petersbourg, que la tradition du 8 mars aurait été instaurée.

En 1977, donc, cette journée du 8 mars est officiellement reconnue par les Nations Unies mais en France, il faudra attendre 1982 pour que cela figure au calendrier ! Ayant vécu de très près ces années-là, je ne crois pas que mes semblables soient restées confinées dans leurs cuisines durant ces 5 années. J’en suis même absolument certaine ! Mais sans doute fallait-il attendre que ces messieurs parlementaires trouvent le temps de jeter un œil au dossier !

Ah ! au fait, messieurs qui lirez ces lignes, La Journée Internationale des Femmes, ce n’est pas la Saint Valentin… Soyez gentils, ne nous offrez pas de fleurs ! C’est une journée de lutte pour les droits de femmes, pour le respect de leur travail et le droit de réclamer l’égalité des salaires. Avouez qu’une journée dans l’année, c’est vraiment « peanuts », non ? Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour qu’une telle journée n’ait plus lieu d’être ?

Nous terminerons ce mois de mars sur les sièges confortables du Cinéma Le Venise  avec Wim Wenders et ce, pour trois séances ! Impossible de parler de ce monument du cinéma allemand en quelques lignes, il faut voir ses films, c’est tout. Et qui sait… peut être un jour aurons-nous le plaisir de le voir à Sommières. Imaginez un peu les titres des journaux : Wim Winders récompensé à Sommières par le  « Tibère d’or » décerné par la FAPS ! Ça aurait du panache, non ?

Et voici le petit cadeau du mois :