UN AN… DRÔLE D’ANNIVERSAIRE!

Un an. Un an pile que nous sommes tous devenus épidémiologistes, vaccinologues ou réanimateurs. Un an que nous savons tout -ou presque- sur cette saleté de virus et  chacun d’entre nous pourrait aller sans rougir grossir les rangs de tous les savants qui, soir après soir, nous racontent tout le contraire de ce qu’ils ont dit la veille. En gros, y’a qu’à, faut qu’on.

Oui, il y a juste un an aujourd’hui, nous entrions en confinement sans trop savoir de quoi il allait  retourner et il est probable que nous aurions tous hurlé si, à ce moment là, 16 mars 2020, on nous avait dit qu’un an plus tard nous serions encore dans la panade jusqu’au cou. Un an que nous avons appris à quoi ressemble un pangolin et à quel endroit exact de la planète se situe Wuhan.

Les imprimantes ont fait du bon travail pour nous délivrer le papier magique qui allait nous permettre de sortir une heure par jour et à pas comptés (nos smartphones n’étant pas encore assez futés à l’époque pour faire ça tout seuls).  Heure de départ du domicile, heure de retour et pour quoi faire s’il vous plaît? Heureux les propriétaires de chiens, eux ils ont eu  droit à davantage de sorties dites hygiéniques. En même temps que nous découvrions la  bouille peu avenante du pangolin nous apprenions aussi ce que signifiait l’expression “sortie essentielle”

Pour nous, ceux du grand Sud, nous qui avons le bonheur de vivre à quelques encâblures de la Méditerranée, la plage est une sortie essentielle mais, comme les autres,  nous avons été interdits de châteaux de sable ou de trempette des orteils. On était en mars, n’est-ce-pas, et tremper plus que les orteils aurait été sans doute un peu téméraire. Pas de plage, donc. Et puis nous avons appris à nous faire des masques avec des bandanas colorés, à faire la queue dehors sur le parking du supermarché et, une fois à l’intérieur, nous avons appris à éviter les rayons des pâtes, de la farine et du papier toilette puisqu’ils étaient vides. La France entière s’était mise à pâtisser (c’est l’explication pour la pénurie de farine mais je n’en ai pas pour celle du papier toilette), à acheter des robots cuisiniers sur Amazon et à faire des vidéos se montrant en famille aux fourneaux.

Au début donc, nous n’avions pas de masques, on a  fait alors avec les moyens du bord. Tout en râlant, bien sûr, parce que l’État n’avait pas anticipé les commandes et que nous trouvions tout ça scandaleux. Lorsque les masques sont arrivés, nous nous sommes mis à râler aussi parce que porter un masque c’était entraver nos libertés individuelles. Non mais…. alors depuis, voici ce qui jonche nos trottoirs :

Mais bon an mal an, nous les portons ces masques. Même dans nos propres maisons. Pas tant à cause de la Covid mais simplement pour nous arrêter de manger car les statistiques sont formelles, nous avons tous pris du poids!

Cette période a eu au moins un point positif: nous nous sommes tous retrouvés comme si nous étions des ados de 15 ans dans les années 60 : nos cheveux ont poussé de manière déraisonnable, l’essence confinée  n’était pas chère et nous n’avons pas eu le droit de sortir! Au printemps 2020, tous les soirs, on pouvait aussi entendre les applaudissements enthousiastes des gens sur leurs balcons à l’intention du personnel soignant (le soufflé est bien retombé, non?), tout le monde s’aimait, beaucoup d’artistes faisaient preuve d’une extrême créativité pour nous distraire via les réseaux sociaux. Les maître-mots de ce confinement étaient “entraide” ou “solidarité”. J’ai d’ailleurs sauté sur l’occasion pour glisser mes factures dans la boîte aux lettres des voisins. Ça n’a pas marché. On voit donc les limites de la chose.

Écrivant ces quelques lignes, je réalise à quel point il est difficile de résumer cette année si bizarre. Nous avons tous été éloignés de ceux que nous aimons, privés de nos activités, de nos vies sociales, de tout ce qui jalonne nos existences et les rend agréables. À la FAPS, nous sommes très frustrés de ne pas vous avoir vus, de ne pas avoir pu vous proposer une véritable manifestation comme nous les aimons, du cinéma, des conférences, une belle expo ou  un simple moment de parlotte autour d’un verre. Depuis mars 2004 (nous fêtons ces jours-ci nos 17 ans d’existence!), nous n’avons jamais été à court d’imagination et je suis personnellement très mélancolique à l’évocation de certains de ces grands moments partagés avec vous. Cette année blanche restera gravée dans nos mémoires et dès que les voyants repasseront enfin au vert, nous sortirons de nos tiroirs tous les beaux projets que nous avions. Promis.

D’ici là, patience les amis et surtout, surtout, continuez à prendre soin de vous.

JB

Et parce que le printemps sera là dans quelques jours :